C’est décidé, j’arrête de crier!

Cette année, c’est promis, c’est juré, je ne crie plus (sur mes enfants. Sur celui qui m’a grillé la priorité… on verra l’année prochaine).

« C’est curieux, avant d’avoir des enfants, tu ne criais jamais », a fait remarquer son conjoint à une de mes amies – ce qui est probablement arrivé à la moitié d’entre nous (l’autre moitié criait probablement « déjà » avant d’avoir des enfants). 

Pourquoi crions-nous sur les gens que nous aimons le plus au monde, alors que nous sommes capables de supporter sans broncher les sournoiseries de notre chef ? Et est-ce que ça sert à quelque chose ?

Je réponds à contre-sens : non, ça ne sert à rien. Quand nous crions, les enfants secrètent les hormones du stress, qui les enjoignent soit à se tétaniser soit à s’enfuir (la réponse de survie « flight or freeze »). Dans cet état, ils n’entendent rien de ce que vous dites : c’est perdu. Un peu plus tard, quand ils dégèlent, ils se rappellent que vous leur avez fait peur, très peur, alors que vous êtes sensés les protéger : la confiance se rompt peu à peu, et sans confiance, il est bien difficile d’éduquer (dans le sens de « montrer le chemin à ») quelqu’un.

Vous, de votre côté, vous commencez probablement par avoir honte… puis à trouver une justification à votre réaction (« il l’a bien cherché ! ») qui va vous empêcher, peut-être, de réparer la relation en présentant des excuses sincères.

En réalité, celui qui crie, c’est celui qui a perdu.

Oui mais alors, pourquoi crions-nous ? Souvent parce que nos besoins ne sont pas respectés. Quand il y a beaucoup de bruit, que quelqu’un me tient la main, la jambe ou le t-shirt en permanence, quand j’ai faim, soif, besoin de sommeil, besoin d’espace, de vide, de sens, quand l’heure tourne et que l’échéance approche, il devient INSUPPORTABLE que quelqu’un ne mette pas ses chaussettes alors qu’on lui a déjà répété mille fois, taquine sa sœur, fasse encore et toujours la même erreur d’accord. 

Mais nous sommes l’adulte. Notre travail le plus important, celui que personne ne fera à notre place, c’est de prendre soin de nous en répondant à nos besoins. Quand vous êtes avec vos enfants, une fois par heure, faites une petite vérification interne : comment vous sentez-vous ? Avez-vous besoin de boire, de manger, de respirer un peu dehors, de bouger, de vous isoler un instant ? Rétablissez votre équilibre.

Et puis, puisque c’est la nouvelle année, prenez devant vos enfants la grande résolution solennelle : cette année, je ne crierai pas. Et comme je suis en train d’apprendre, je ne vais pas y arriver du premier coup, je vais avoir besoin d’aide. 

Mettez en place un tableau de félicitations… pour vous ! Et donnez-vous des échéances : à chaque demi-journée passée sans crier, accordez-vous une petite gommette étoile ( ou cœur… ou dino…) sur le calendrier. Quand vous sentez la rage monter, partez ! partez avant de dire quoi que ce soit. Sauf danger avéré, il y a bien peu de chance que votre réaction réponde à une véritable urgence, alors quittez la pièce, prenez un coussin, mordez-le, donnez-lui des coups, allez crier un grand coup dans le jardin. Soyez en colère, exprimez-là, mais pas devant eux.

Tout doucement et tranquillement, vous allez vous habituer à ne plus crier. Votre calendrier va se remplir de petites gommettes… et vous ne crierez plus.

Alors, qui commence ce défi d’une vie avec nous cette année ?

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